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Nadette

Dans les années 80, animateur radio à Fréquence 7, la radio du Bas Vivarais, j'animais plusieurs émissions, dont une sur la chanson française et je faisais quelques reportages sur l'équipe première de Basket d'Aubenas. 
A l'époque l’entraîneur était François Perrin. Jean Ferrat était parfois à ses côtés et les Editions Meys figuraient parmi les partenaires du club. Je pense pouvoir écrire que François est resté un grand ami de Jean et Colette.

Au banc de la presse, je côtoyai, notamment, la spécialiste basket du Dauphiné Libéré à Aubenas : Nadette Etienne.

Après mes "années radios", j'ai moins pu suivre le club. Mais, avec Nadette, nous ne nous sommes jamais vraiment perdu de vue. Sans être "proches", nous nous croisions de temps en temps, et discutions volontiers. Entre autre de basket, d'Antraigues et de... Jean Ferrat. Qu'elle connaissait bien.

Du coup, j'ai eu l'idée de lui proposer d'assister à une représentation de mon spectacle, dès le 1er été à Vogüé en 2001.
Elle y est venue. Elle était touchée je crois. 

Une association culturelle d'Antraigues organisait, chaque année une discussion sur un thème donné. J'ai assisté à plusieurs d'entres elles. 

Quelques semaines après sa venue à Vogüé, se déroulait justement un forum, Nadette m'a aperçu dans la salle et est venu me voir. Tout en me faisant la bise elle me dit : 
"Alors ? Est ce que Jean est venu te voir ?". 
Je lui ai répondu que non, elle ne me laissa pas le temps du lui expliquer, qu'entre temps j'avais rencontré Gérard Meys sur la place, qu'il avait vu la vidéo du spectacle, qu'il se proposait de la faire passer à Jean et qu'il m'avait dit au moment de se séparer :" ...Continue c'est bien ce que tu fais".

Femme de caractère, elle m'avait saisi par le bras et prit la direction de Jean qui assistait à cette discussion, dont le thème, cette année là, était "La femme est l'avenir de l'homme". Elle attrapa Jean, et tout en lui faisant la bise lui dit :

"Tu es au courant du spectacle que l'on fait sur toi à Vogüé ?" "Oui, répondit il, Gérard m'en a parlé.." Elle le coupa : "Moi je l'ai vu ! C'est Jean-Marc qui le fait. Je te le présente. Débrouillez vous tous les deux, mais ce serait bien que tu ailles le voir "....

Elle nous laissa là, à discuter tous les deux... Jean me dit, qu'en effet, Gérard Meys lui avait parlé de ce spectacle. Qu'il lui avait précisé "Surtout qu'il ne vende pas de vidéo : il aurait des problèmes avec les ayants droits". Et que Gérard devait lui faire parvenir la cassette VHS.

Quelques minutes plus tard, une "mamie" arriva, interpella Jean :

" Alors ? qu'en penses tu ?" 

La mamie en question, était sur scène quelques minutes plus tôt : c'était madame Lucie Aubrac..... 

Mes jambes flageolaient. Déjà, j'étais très fier d'avoir pu débuter une conversation "en tête à tête" avec Jean. Et tout d'un coup,je réalisai : Je me retrouvai entre un des plus grands auteur compositeur interprète français et Lucie Aubrac, héroïne de la Résistance. Autour de nous, de nombreuses personnes n'espéraient qu'une chose : être à MA place !

"Mince ! Pourquoi es tu parti ? J'étais allé chercher mon appareil pour vous prendre en photo pour le Dauphiné Libéré".

Après quelques minutes je glissai à Jean que j'étais très heureux d'avoir pu discuter et à tous les deux que j'étais très heureux d'avoir pu passer ces brefs instants en leur compagnie et que...que....oui j'étais très heureux... 
Je n’avais pas fait 10 pas que je croisai mon amie journaliste.Elle était allée chercher son appareil photo.....Je n'ai pas osé faire demi-tour : déjà de nombreuses personnes s'étaient approchées de Jean. Pour lui parler, le remercier, lui demander un autographe ou prendre une photo....


Le fameux 4 août 2004, c'est cette anecdote là que j'ai raconté à Jean, afin de me "décontracter". Je ne lui ai pas tout de suite précisé que la "mamie" en question était Lucie Aubrac. j'ai laissé un peu de suspens en disant " mais je ne lui en veux pas trop quand même à cette mamie, de m'avoir coupé la parole....

- Ha non, me dit il, il ne faut pas lui en vouloir. Et puis c'est souvent que les gens viennent me parler, sans trop se préoccuper si je suis, déjà, en train de discuter..."
-Ho non, Jean : je ne lui en veux pas. Et pour plein de raison! Et bien au contraire ! Parce que...la mamie en question c'était Lucie Aubrac ! 
-Alors si c'était Lucie ! Dit il en levant les bras et en rigolant avec moi.

J'ai eu l'occasion d'évoquer avec Nadette ces souvenirs et de la remercier. Qui sait ? Sans ses conseils, sans cette "présentation"... en serions nous là ?

Quand nous n'avons pas de spectacle, et si les albenassiens jouent à "la maison", nous continuons à suivre l'équipe 1ère de basket. 


En début de saison dernière, je m'étonnai de ne pas voir Nadette sur le banc de la presse...
Quelques semaines plus tard, j'ai appris son "départ".

Aubenas a réussit une formidable saison : Finaliste de la coupe de France et accession en Nationale 1.

Parfois, pendant, un match, mon regard se porte sur le banc des journalistes. Il m'est arrivé de penser que peut-être, nous partageons avec l'USA Basket une même belle étoile, prénommée Nadette. 

(Photo de sa page Facebook)

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