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C'est beau la vie

"Avec un tel spectacle, un jour tu auras la chance de rencontrer une Dame qui a beaucoup compté pour moi... Qui compte encore beaucoup pour moi." Me dit, un jour, Régis, un vacancier, à la sortie du spectacle.

"J'aimerai que tu lui racontes cela :

Tu vois ce fauteuil ? J'en ai un depuis quasiment toujours. Mon handicap m'accompagne depuis ma plus tendre enfance.

J'ai connu les hôpitaux très jeune.... J'en ai fais des hôpitaux tu sais !

Je souffrais. Je pleurais souvent....

C'était le cas, ce jour là. La porte de la chambre s'est ouverte, une infirmière est apparue avec un bouquet de fleurs. Un magnifique bouquet. Cela m'a surpris, j'ai arrêté de pleurer. J'avais certainement encore mal, mais mon attention a été attirée par ces fleurs, ces couleurs multiples, ces parfums. Pendant quelques minutes, apaisé, j'en ai oublié mes douleurs.....

Le lendemain, même chose. Le surlendemain encore et les jours qui suivirent.... Une infirmière venait m'apporter un bouquet. Tous plus beaux les uns que les autres....

Et puis, j'ai dû changer d'hôpital, une fois de plus.

Avant de partir, maman a tenu à remercier les infirmières qui, tous les jours m'avaient réconfortées avec ces bouquets.

L'infirmière en chef lui a répondue :

Madame, ce n'est pas nous qui offrons des fleurs à votre petit Régis. Mais, c'est la patiente, qui se trouve dans la chambre voisine.  Elle entendait Régis pleurer. On lui a expliqué ce qu'il endurait. C'est elle qui lui offrait ses fleurs...  C'est la chanteuse Isabelle Aubret."

Le 15 août 2001, j'étais avec Cécile et nos 2 garçons sur la place de la Résistance à Antraigues. Il y avait la traditionnelle brocante-vide grenier. J'ai très vite aperçu Gérard Meys avec qui je m'étais entretenu de mon spectacle, sur Jean Ferrat, à Vogüé, quelques jours plus tôt par téléphone. A ses côtés, coiffée d'un magnifique chapeau : Isabelle Aubret.

Je n'étais pas le seul à les avoir reconnu, je voyais les têtes se retourner sur leur passage, alors qu'ils allaient d'étal en étal.

Je savais que si j'allais directement à leur rencontre, d'autres personnes feraient comme moi, pour demander un autographe ou simplement les saluer. Je savais qu'alors, je ne pourrais pas dire tout ce que j'avais à leur dire : je voulais discuter avec Gérard de mon spectacle.

 J'ai donc pris leur pas, marché quelques mètres à leur côté. Je me suis un peu plus rapproché encore.  Je les ai discrètement salué. Puis je me suis présenté, sans chercher à les arrêter. Nous avons marché d'un même pas. Nous avons ainsi pu échanger quelques mots sur mon travail. Je ne me suis pas aperçu, tout de suite, qu'Isabelle s'était arrêtée à un stand. Trop tard, j'avais commencé à raconter les souvenirs de Régis.... A la fin de mon récit, Gérard me dit : c'est très beau : il faut le raconter à Isabelle. Il fit demi tour, invita Isabelle à m'écouter... Je l'ai senti très émue. S'est-elle souvenue des pleurs du petit garçon de la chambre voisine ? Elle qui, comme lui a connu tant de souffrance et de chambres d'hôpitaux et qui chante si merveilleusement bien "c'est beau la vie ".

Lui, en tout cas, j'en suis sûr, n'a jamais oublié les parfums et les couleurs qui venaient apaiser ses douleurs.

Au moment de se séparer, précisément devant "La Montagne", où m'attendaient Cécile, Adrien et Jordan, Gérard m'a donné, encore deux ou trois conseils, m'a confirmé qu'il donnerait à Jean une vidéo du spectacle. Puis m'a dit, à propos de celui-ci : "Continue c'est bien ce que tu fais".

Un formidable encouragement. Un soulagement aussi.

Oui c'est beau la vie. 

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