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Le blog de Jean-Marc

Bonjour à tous.
Depuis 2004, dans notre ancienne ferme familiale, à Lablachère, en sud Ardèche, nous proposons, notamment, notre évocation de la vie de Jean Ferrat : "Jean d'ici Ferrat le cri".
Nous recevons aussi de nombreux artistes qui viennent chanter ou jouer, nous faisons découvrir de nombreux produits régionaux.
Il s'en passe des choses à La Ferme Théâtre ! De quoi écrire un livre...ou un blog.
C'est la deuxième solution que nous avons choisis. Elle devrait nous permettre de partager quelques souvenirs. (Photos et anecdotes)
Ce blog sera complémentaire de notre site lafermetheatre.com et de notre page Facebook.
Si vous souhaitez réagir à ces billets, vous pouvez le faire en cliquant sur le titre (qui est souligné) .
 

"Het dorp"

On me demande souvent si des "étrangers" viennent assister à notre spectacle sur Jean Ferrat. Si celui-ci "est connu en dehors de la francophonie ?".

Nous avons un très grand parking qui nous permet d'accueillir, pour la nuit, des camping-cars. Le stationnement leur est offert si ils assistent au spectacle.

Toutefois, je le précise souvent : nous sommes un lieu de spectacle qui accepte les CC et non pas une aire de CC qui organise des spectacles... La nuance est importante.

Un soir, Cécile me fait part de son embarras : "Des Camping caristes néerlandais se sont inscrits au spectacle. Mais ni l'un ni l'autre ne parle, ni ne comprend, le français. Nous avons échangés quelques mots en anglais, tant bien que mal. Je leur ai dis qu'il y avait un spectacle. Ils ont alors voulu payer non pas la place de parking, mais leurs places au spectacle"...

Ennuyé à mon tour, j'ai alors décidé d'aller les rencontrer. Pour, moi aussi, leur expliquer que le spectacle, n'était pas uniquement fait de chansons. Qu'il ne leur serait pas facile de tout suivre... Ils  me firent comprendre qu'ils souhaitaient maintenir leurs réservations. Je leur ai donné quelques explications sur le spectacle et la vie de Jean Ferrat en anglais. (Enfin,... "en anglais"...avec "mon Anglais", qui n'a rien à envier à celui de Jossillon. Celles et ceux qui se souviennent de "La Leçon d'Anglais" de l'humoriste ardéchois Jacques Bodouin apprécieront) Je leur ai parlé de "Het dorp", une chanson, très connue chez eux, j'ai pu le vérifier à de nombreuses reprises. "Het dorp" n'est autre qu'une "version" néerlandaise de "La montagne". (La musique est la même, mais le texte n'a rien à voir).

Le soir ils assistèrent au spectacle, prirent le verre de l'amitié, tous deux, en tête à tête. A leur départ, ils mont fait de grands signes de la main.

Le lendemain je me trouvai seul à la boutique. La dame arrive et me dit : "Cécile ? Where is Cécile ?".

Elle était à l'appartement. Je compris que la dame souhaitait vraiment la voir. J'appelai donc Cécile qui descendit  rapidement....

La dame nous invita alors à regarder vers le camping car qui stationnait sur le parking. La porte s'ouvrit. Et nous entendîmes un ... saxophone.

Dès les premières notes jouées nous avons reconnu "La montagne". Le monsieur, tout en jouant descendit du camping car et vint nous rejoindre sur la terrasse. Inutile de vous dire que ce fut pour  nous une très forte séquence émotion. Ils avaient, bien évidement, reconnu, cet air qui leur était, à eux aussi, si familier. sans, pour autant savoir, alors, quelle était de Jean Ferrat.

Nous avons voulu immortaliser cet instant. Pour cela nous avons demandé au monsieur de rejouer devant notre caméscope.

Un beau souvenir....même si, vous le remarquerez, notre cher Garfield avait, sans doute moins apprécié. 

 

 

Voici la chanson "Het dorp"

Nuit et brouillard

La chanson "Nuit et brouillard" évoque à beaucoup de douloureux souvenirs.

 

Dès la première saison, au moment de partager le verre de l'amitié, un monsieur, me questionne :

-Dis ? Tu le fais ce spectacle au mois d'août ?

Je lui répondais que oui, nous le ferrions, au moins, toute la saison.

-Je reviendrai, me dit-il.

Et effectivement, il revint, quelques jours plus tard, avec ses petits enfants. Ils avaient tous entre 12 et 18 ans.

Je l'apercevais durant le spectacle: Régulièrement il se retournait vers ses petits enfants. Leur demandait d'être particulièrement attentif, lors de scènes ou chanson bien précises.

A la fin du spectacle, ils ne participèrent pas tout de suite au verre de l'amitié. Ils s'étaient réunis, sous un mûrier, autour du Grand-Père. Unis. Il est évident que ce monsieur avait organisé cette soirée, saisi cette occasion pour évoquer, avec sa descendances quelques douloureux souvenirs familiaux.

 

Un autre soir :

Je vous vois encore, madame, adossée au mur de l'entrée de la boutique, à mes côtés. Tous les deux, comme les autres participants à ce spectacle, un verre à la main.

"Vous savez, Jean-Marc, je n'ai pas toujours vécue à Lablachère. Je suis née et j'ai grandis à Paris... " Elle ne me regardait pas. Elle regardait droit devant elle. Dans ses yeux, je voyais perler une larme.

Je les vois encore, ses pauvres gamins, assis derrière leur bureau.

Je la vois encore cette porte s'ouvrir.... Et ces types qui sont rentrés dans la classe ! Je les vois encore ! Toi ! Toi ! Toi !...Vous nous suivez..... "

Puis elle se retourna, vers moi et presqu'en criant et en pleurant  : "Jamais ! jamais, Jean-Marc , on ne les a revu !"

 

Un après midi :

Je me souviendrais toujours aussi de ce monsieur, membre d'un groupe du Vaucluse, pour lequel je venais de jouer :

"J'ai 2 ans de moins que Ferrat, me dit-il.

Je suis né en 32.

Je n'ai pas toujours vécu en Provence : Môme, je vivais dans la Loire.

Un soir, avant de terminer la classe, notre instituteur nous a dit : Les enfants, vous savez tous, où se trouvent des juifs dans le village. Alors, voici, des craies, ce soir, en rentrant, vous ferrez une croix sur les portes des maisons où se cachent des juifs....

Il mit un temps, avant de poursuivre.... Je ne savais pas d'ailleurs si il pourrait terminer son histoire.

Je sentais, une très forte émotion l'envahir. Finalement, il lâcha, dans un souffle :

-le lendemain, il n'y avait plus un seul juif au village.

Vous vous rendez compte ? Ce P.... d'instituteur ?! Ce servir comme ça, de gamins comme nous étions ?

Ce monsieur ne s'est jamais pardonné, de n'être, à l'époque qu'un jeune enfant manipulé par un adulte. Enseignant de surcroit.

 

Nous recevons, pour ce spectacle, de nombreux allemands, l'émotion est aussi très forte pour eux.

 

Comme le fit Jean Ferrat avec sa chanson, et ce malgré la censure et la construction de l'Europe, je continuerai à "twister" les mots pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez.... 

Où je vous raconte deux anecdotes d'un spectateur : " Les cornards" et " L'infirmière".

Le verre de l'amitié que nous offrons après les spectacles est une belle occasion de pouvoir obtenir quelques témoignages de personnes qui ont eu l'occasion de rencontre Jean Ferrat, ou des souvenirs à partager, parfois drôles, parfois très émouvant. Ce fut le cas, ce jour là avec ce monsieur : 

-J'ai 2 ans de moins que Jean Ferrat. Je l'ai rencontré : en 1951 !

-Super, lui dis-je ! Mais, il ne chantait pas encore. C'était encore Jean Tenenbaum ?

-En fait, nous étions dans un bistrot à Paris avec un ami et nos deux chéries. Deux gars sont arrivés. Nous ont parlé et ...ils se sont tiré avec les 2 filles ! Je les ai reconnu, des années après : c'était Jean Ferrat et Robert Hossein !

- Génial !

Je ne me suis pas tout de suite rendu compte que ce que je trouvai "Génial" avait moins du l'être, à l'époque, pour nos deux cornards...

 

Dans une toute autre discussion, ce même monsieur me racontait qu'en 1993 il s'était fait opérer de la cataracte. Très satisfait de sa relation avec les infirmières, "deux jolies femmes, une un peu "surfaite" et une autre... "noire".

"Vraiment toutes les deux très gentilles ! Alors au moment de partir, je leur ai demandé si je pouvais leur faire la bise. Alors que je la serrai dans mes bras pour la remercier, la jeune "noire" s'est mise a pleurer".

Je lui ai dit :

"Mais quand même, il ne faut pas pleurer comme  ça ! Je veux simplement vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi!"

Et le jeune femme "de couleur" lui dit dans un sanglot :

-Vous savez, monsieur, la semaine dernière, à votre place, il y avait une dame. En raison de ma couleur elle a refusé que je la touche...

C'est beau la vie

"Avec un tel spectacle, un jour tu auras la chance de rencontrer une Dame qui a beaucoup compté pour moi... Qui compte encore beaucoup pour moi." Me dit, un jour, Régis, un vacancier, à la sortie du spectacle.

"J'aimerai que tu lui racontes cela :

Tu vois ce fauteuil ? J'en ai un depuis quasiment toujours. Mon handicap m'accompagne depuis ma plus tendre enfance.

J'ai connu les hôpitaux très jeune.... J'en ai fais des hôpitaux tu sais !

Je souffrais. Je pleurais souvent....

C'était le cas, ce jour là. La porte de la chambre s'est ouverte, une infirmière est apparue avec un bouquet de fleurs. Un magnifique bouquet. Cela m'a surpris, j'ai arrêté de pleurer. J'avais certainement encore mal, mais mon attention a été attirée par ces fleurs, ces couleurs multiples, ces parfums. Pendant quelques minutes, apaisé, j'en ai oublié mes douleurs.....

Le lendemain, même chose. Le surlendemain encore et les jours qui suivirent.... Une infirmière venait m'apporter un bouquet. Tous plus beaux les uns que les autres....

Et puis, j'ai dû changer d'hôpital, une fois de plus.

Avant de partir, maman a tenu à remercier les infirmières qui, tous les jours m'avaient réconfortées avec ces bouquets.

L'infirmière en chef lui a répondue :

Madame, ce n'est pas nous qui offrons des fleurs à votre petit Régis. Mais, c'est la patiente, qui se trouve dans la chambre voisine.  Elle entendait Régis pleurer. On lui a expliqué ce qu'il endurait. C'est elle qui lui offrait ses fleurs...  C'est la chanteuse Isabelle Aubret."

Le 15 août 2001, j'étais avec Cécile et nos 2 garçons sur la place de la Résistance à Antraigues. Il y avait la traditionnelle brocante-vide grenier. J'ai très vite aperçu Gérard Meys avec qui je m'étais entretenu de mon spectacle, sur Jean Ferrat, à Vogüé, quelques jours plus tôt par téléphone. A ses côtés, coiffée d'un magnifique chapeau : Isabelle Aubret.

Je n'étais pas le seul à les avoir reconnu, je voyais les têtes se retourner sur leur passage, alors qu'ils allaient d'étal en étal.

Je savais que si j'allais directement à leur rencontre, d'autres personnes feraient comme moi, pour demander un autographe ou simplement les saluer. Je savais qu'alors, je ne pourrais pas dire tout ce que j'avais à leur dire : je voulais discuter avec Gérard de mon spectacle.

 J'ai donc pris leur pas, marché quelques mètres à leur côté. Je me suis un peu plus rapproché encore.  Je les ai discrètement salué. Puis je me suis présenté, sans chercher à les arrêter. Nous avons marché d'un même pas. Nous avons ainsi pu échanger quelques mots sur mon travail. Je ne me suis pas aperçu, tout de suite, qu'Isabelle s'était arrêtée à un stand. Trop tard, j'avais commencé à raconter les souvenirs de Régis.... A la fin de mon récit, Gérard me dit : c'est très beau : il faut le raconter à Isabelle. Il fit demi tour, invita Isabelle à m'écouter... Je l'ai senti très émue. S'est-elle souvenue des pleurs du petit garçon de la chambre voisine ? Elle qui, comme lui a connu tant de souffrance et de chambres d'hôpitaux et qui chante si merveilleusement bien "c'est beau la vie ".

Lui, en tout cas, j'en suis sûr, n'a jamais oublié les parfums et les couleurs qui venaient apaiser ses douleurs.

Au moment de se séparer, précisément devant "La Montagne", où m'attendaient Cécile, Adrien et Jordan, Gérard m'a donné, encore deux ou trois conseils, m'a confirmé qu'il donnerait à Jean une vidéo du spectacle. Puis m'a dit, à propos de celui-ci : "Continue c'est bien ce que tu fais".

Un formidable encouragement. Un soulagement aussi.

Oui c'est beau la vie. 

Tout à commencé comme ça...

On me demande souvent :"Comment avez vous eu l'idée de créer ce spectacle du vivant de Jean Ferrat ?"

Le 1er, (ou peut-être le 2 ?) janvier 2001, je prenais l'apéritif avec Joël Bioux, au village vacances de Vogüé. Joël est un ancien animateur de village vacances. Il a travaillé en différentes régions de France. Un jour il a "tourné la page". Il a créé un personnage : L'Inspecteur Tigan. Il se produit en tant qu'artiste pour ce type d'établissement, mais aussi des C-E, des associations ou mairies.... Il est plein d'idées et d'humour et à une mémoire étonnante. Je vous invite vraiment découvrir "Linspecteur Tigan", si ce n'est pas déjà fait, rires garantis.

Nous discutions du "métier" et je lui faisais part de mon intention, à mon tour, de "tourner la page". "Ras la casquette" des soirées Karaoké, soirées dansante et autres organisations de loto, concours de pétanque et belote. Il m'arrivait, assez souvent d'accompagner les touristes au micro d'autocars ou au volant de minibus sur les routes ardéchoises et donc, bien évidement à Antraigues. J'avais aussi en charge l'organisation des séjours, la mise en place des équipes d'animations enfants et adultes, des visites culturelles et des activités sportives... Un travail agréable et varié, mais au bout de  10 ans, père de famille et la quarantaine arrivant, j'avais envie de faire "autre chose". Sans savoir, si j'avais réellement envie de continuer dans le tourisme. Peut être retrouver le monde de la Radio, que j'avais quitté 10 ans plus tôt ?

Je demandai à Joël ce qu'il faisait comme animation à l'époque quand il était encore dans le métier. Il énumérait, dans un premier temps, à peu près les mêmes jeux et activités que je souhaitai, justement, cesser. Il termina par : "Un jour, avec mon équipe d'animation, on a créé un spectacle pour raconter la vie de Dalida".

-Stop! Lui dis - je. C'est ça ! C'est ça qu'il faut que je fasse... Pas sur Dalida bien sur, mais sur Jean Ferrat ! Tu ne peux pas savoir le nombre de questions que les gens me posent à son sujet. Il est très apprécié, mais, sans doute mal connu.

-Ferrat ?  Ha ben oui ! Me dit-il. J'adore en plus ! Je dois avoir tous ses disques à la maison...

- Moi aussi et j'ai tout une collection d'articles de presse. J'ai la chance de le croiser quelques fois. En mars, j'organise deux séjours consécutifs le thème sera : "Chansons et musique de toujours". Il me faut présenter un spectacle sur la vie de Ferrat pour ces séjours là !".

Dans les heures qui suivaient, je négociai après de mon directeur, l'embauche, sur une période donnée, de Joël pour réaliser le "fil conducteur" et la mise en scène !

C'était le tout début d'internet, régulièrement, je faisais parvenir à Joël des infos sur Jean Ferrat, par mail. Celui-ci, en retour, me faisait parvenir le 1er acte, puis les suivants. J'apprenais le 1er acte, pendant qu'il écrivait le second, etc....

Maryline son épouse contribua elle aussi : elle enregistra une voix. Un ami espagnol du couple en enregistra une autre,...et son chien quelques aboiements.

3 mois, plus tard, avait lieu le "première". Qui ne devait être suivit que d'une seule autre représentation, quinze jours plus tard...

J'ai reçu, dès le première tellement de retour positifs, et j'ai pris tellement de plaisir à créer et à jouer ce spectacle que 16 ans plus tard je le joue encore et je n'ai prévu d'arrêter.

J'ai apporté, par la suite,  pas mal de modifications, bien évidement, des informations complémentaires, un jeu différents, le montage diapos, etc.... Mais "le fil conducteur" est toujours le même. Je le dois à l'ami Joël Bioux.

Joël, qui, à l'annonce de décès de Jean, le 13 mars 2010 m'a appelé et proposé d'aller ensemble à Antraigues pour l'enterrement. Quand il a appris que je n'irai pas, que j'avais choisi de maintenir une représentation prévue cet après-midi là, il décida de venir assister au spectacle. Une représentation très "particulière" bien évidement. Mais j'ai joué, comme d'habitude. Je voulais que Jean soit toujours "là".

Nous sommes allé ensemble, en fin d'après midi, le 16 mars sur la tombe de Jean. Puis à "La montagne" prendre un verre. Nous avons longuement flâné, sur ses pas, sur la Place de la Résistance.

Merci Joël.

Tu as su trouver les idées, tu as su m'épauler, m'encourager, me corriger aussi.

MERCI 1000 fois Joël

 

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Eddy Mitchel, Dick Rivers, Claude François et même Yoko Ono à La Ferme Théâtre ?

Au cours des premières saisons, nous avions une "mini ferme". Mais, hélas pas d'enclos suffisamment robustes, pour séparer tout ce petit monde et assurer la sécurité des visiteurs et le calme des "jeunes mamans" : Bouc, bélier ou porc ne laissent guère de répit à leur(s) compagne(s) après la mise à bas.

Je me souviens d'une fillette renversée par le bélier. Beaucoup de peur, pour nous tous.

Il m'est arrivé de devoir courir après les moutons, quelques minutes avant un spectacle.

Bref : Avoir des animaux à la maison c'est bien, mais encore faut il avoir de temps à leur consacrer et pouvoir les accueillir dans de bonnes conditions : espace, nourriture suffisante, enclos adaptés et avoir suffisamment de temps à leur consacrer . Toutes ses conditions n'étant pas pas réunies, nous avons préféré les confier à d'autres personnes plus disponibles et mieux organisées.

Je m'étais amusé à donner des noms à chacun :

"La truie naine a pour nom : Tirelire". Et je précisai, avec un clin d'œil : " Mais on donne ce qu'on veut pour la visite".

Le bouc avait pour nom : Eddy. Sa femelle  : Michelle. De leur union était née Juliette.  Il fallait voir Eddy, Michelle et leur petite Juliette courir dans le près à l'arrière de la maison.

Les mûriers se baissaient jusqu'à terre pour les caresser du bout de leurs branches. Les genêts d'or s'ouvraient sur son passage, et sentaient bon tant qu'ils pouvaient. Toute la campagne leur faisait fête. Pensez, lecteurs,  si nos chèvres étaient heureuse ! Elles courraient toutes blanches, Juliette, Eddy et Michelle avec leurs ...chaussettes noires.  ;-)

Le bélier avait pour nom : François. La brebis Claude. On me demandait souvent pourquoi. La réponse était pourtant très simple : les moutons ça bèèle, bèèèle, bèlèèèle...

Enfin, nous avions plusieurs chats, à la maison, tous morts aujourd'hui, de vieillesse, ou "accidentés de la route". 

Lors des "visites" il était très fréquent d'en apercevoir un ou deux. Je les montrai, en disant "la bas : vous avez Dick et Rivers ce sont des.... chats sauvages".

Et enfin, nous avions la belle Yoko, dont nous n'avions pas choisi "Lennon",... 

   

Tirelire et chevres

Tirelire, Juliette et Michelle

Chansons et politique

Nous distribuions les verres de l'amitié aux membre d'un groupe qui venaient d'assister à une représentation de "Jean d'ici Ferrat le cri".

J'ai vite remarqué un monsieur, légèrement éloigné  des autres, sous le tilleul.

"Moi, je n'aime pas ses chansons politique !" A qui parlait -il ? Je ne sais pas, en tout cas il n'y avait personne à ses côtés. Il parlait comme pour se persuader de ce qu'il disait. Je l'entendis encore : "Ses chansons d'amour, sur la nature, ... comme "la montagne" : oui elles sont belles, je le reconnais mais ses chansons politique...."

C'était, bien évidemment son droit. Il avait, semble t'il, suivi ses amis, pour assister à la représentation, sans être amateur des Chansons de Jean Ferrat.

Je me suis dirigé vers lui et je lui ai demandé :

-Ca va monsieur ?

-Oui...Enfin, moi Ferrat c'est pas mon "truc". Il a quelques belles chansons. Mais pas celles sur la politique.  La montagne, c'est vrai que ça c'est une belle chanson.

Je lui ai répondu :

-Jean Ferrat disait à Bernard Pivot, en 85 : "tout est politique, même le saucisson !" 

Et c'est vrai  : "La montagne" est une chanson politique : elle ne dit pas seulement les paysages de montagne sont beaux. Elle traite de la "malbouffe", de l'exode,...Et bien évidemment que c'est de la Politique.

Et j'ajoute : "Par contre, "Ma France", pour moi, c'est aussi une chanson d'amour !"

Quel bel homme !

On me demande parfois si je ne me lasse pas de toujours jouer "la même chose" depuis tout ce temps.
D'une part je ne joue pas que Jean d'ici Ferrat le cri, je joue assez régulièrement (et de plus en plus) "J'ai rencontré un pays", notre deuxième spectacle "maison". 
Et de toute façon, chaque représentation est pour moi différente. 
Ceci étant dit, il y a tout de même des soirées qui sortent "du lot" : 

Attention, le spectacle commence ...

"Quand vous viendrez chez moi gn'aura pas à s'en faire 
La porte s'ouvrira gn'aura le corridor 
Et vous serez chez vous souris dans un gruyère 
Les volets seront mis pour oublier dehors..." Chante Ferrat...

J'ouvre la porte, la salle est sombre et silencieuse. 
J'avance de quelques pas...
J'entend, vaguement un chuchotement sur ma gauche :
-Héééé, hééééééééééé.....Rooooo Il m'entend pas... ! 
Je continue à avancer, droit devant moi, toujours dans le noir.
-Hééééééé, héééééé .... Il y a une place à côté de moi ! Roooooo...
J'avance toujours, droit devant. 
Une léger projecteur éclaire, à présent le mur de pierre qui me fait face. 
Encore, un pas, et je sais que je vais sortir de l'ombre.
Je monte sur scène, dos à la salle que je viens de traverser et j'entend :
-Pfffff pour une fois qu'il y avait un bel homme !

Surtout ne pas rire... 

Se dire que tout va bien, que perruque et moustache sont bien collées ....